Bon... Je n'aime pas particulièrement la politique telle qu'elle dérive en terre de France depuis une décennie. Je ne pense pas qu'étaler mes convictions serait d'une quelconque utilité. Cependant...
J'ai entamé, il y a quelques mois, une série de textes parodiques qui égratignent un fonctionnement sociétal contestable. Ces textes, les Ducond, ne sont qu'un aimable divertissement : ils n'avaient pour but, au commencement, que de pointer nos petits travers d'hexacons(*)... disons dans la joie et la bonne humeur.
Et puis, de Ducond en Ducond, mes amis les plus proches m'alertent sur un questionnement. L'ambiance est à ce point délétère que chacun tremble, y compris pour moi. Et si ce cher Nictoplasme Razratis tombait sur mes anodins délires ? Est-ce à dire qu'au pays de Voltaire, de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, de Jaurès, de la Commune, l'on aurait à craindre de dire ce que l'on pense, l'on aurait à se méfier de son propre humour ? Le pire, c'est que la réponse est OUI !
Et ce qui me turlupine, n'est pas ce « oui », mais c'est le fait même de m'interroger.
Je réalise que mon monde s'en va doucement en charpie, qu'il se délite, qu'il renonce à sa lumière. Mon monde, c'est cette France qui a su, pendant longtemps, penser, proposer, même dans l'imperfection, penser une alternative à la seule logique de l'enrichissement et du profit immédiat. Mon monde, c'était une France dont les hommes d'état avaient à cœur d'en conserver l'image, quel que soit leurs obédiences. Ils ont tous, de De Gaulle à Chirac, su contenir les rapaces avidités de grandes puissances, installées ou émergentes. Mon monde, c'était un pays dont les 550.000 km² valaient au moins le triple. Ce monde là agonise.
Jamais, sous Mitterrand ou sous Chirac, je n'aurais imaginé être en « danger » à me commettre en de légers pamphlets. JAMAIS.
Aujourd'hui, la presse est noyautée, l'économie sombre, elle se vautre dans la fange de l'ultralibéralisme, abdique ses velléités d'équité minimale. Aujourd'hui, le journalisme valse aux turpitudes sexuées d'un Président qui nous joue « le Loft et les ors de la république ». Aujourd'hui, certains de mes amis, classe moyenne, appartement en centre ville, bouffent des patates à la fin du mois, parce qu'il faut choisir entre nourrir la voiture et nourrir l'estomac. Je me demande souvent comment ceux qui triment à l'usine s'en sortent. Mais je sais : ils ne s'en sortent pas, ils survivent.
Aujourd'hui, l'immense majorité de mes amis qui ont voté pour ce cher Nicto le vomissent. Mais ils ont tous le sentiment qu'entre lui et la Fée Clochette, c'est un sombre néant. Et tous, ils tremblent de se dire qu'ils ont glissé un bulletin dans une urne pour la toute dernière fois. Tant l'immense de la toile présidentielle qui emprisonne nos opinions se fait présente, avec indécence.
J'en ai le souffle coupé. Nous ne sommes plus en démocratie. Nous sommes en Nictocratie.
Pleure, ô mon pays bien-aimé ! Zadig le cède à Koh Lanta. Les « Raisins Verts » sont pourris. Les « Rois Maudits » s'avinent dans les faubourgs de Neuilly.
Pleure, ô mon pays bien-aimé ! Demain, les chars encercleront les bureaux des élections et nous sortiront avec, à l'index, l'encre qui marque de rouge le bon choix dans l'isoloir.
Mais nous continuerons, à tout coup, à tenir des discours moralisateurs au reste du monde. Les habitudes ne se perdent pas en une législature, même quand un premier ministre en a plein le dos.
-bouteille orpheline - Aéroport de Lyon Saint-Exupéry - 16 juillet 2008-
(*) pour moi un hexacon est un con hexagonal, et il nous arrive sans doute à tous d'endosser ce joli pardessus, y compris moi.






Nous ouvrirons un blog pour ce projet dès que nous aurons créé l'association et finalisé le dossier de sponsoring.




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